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Dimanche 30 avril 2006

Un numéro d'anthologie !

On ne présente plus Stephen King. Du haut de ses 200 millions de livres vendus dans le monde, de ses multiples adaptations cinématographiques et de ses milliards, l’homme a sa place dans le gratin des best sellers du XXème siècle. C’était largement assez pour que la revue de fantastique Ténèbres lui consacre un jour ou l’autre un dossier. Mais à auteur exceptionnel, numéro exceptionnel. Pour King, l’équipe du journal a décidé de se mettre en quatre et de faire les choses en grand. Explosant le nombre de pages de la revue (près de 400 au total), elle a constitué un double numéro très riche, disséquant, étudiant, analysant l’ensemble de son œuvre au gré des articles et des interviews. Rarement on aura vu un dossier aussi complet ! Bref, elle méritait un coup de chapeau et que l’on s’attarde un instant sur son travail.

Un déluge d'articles et d'interviews

L’exploration de toutes les facettes de l’œuvre de King commence avec les articles. Outre la traditionnelle biographie, tous ses livres font l’objet de critiques approfondies. Mieux, une demi-douzaine de textes sont là pour disséquer le style et les thématiques récurrentes de l’auteur. Jean Daniel Brèque, un des traducteurs de King, analyse par exemple son écriture pendant que Laurent Bourdier fait le bilan de l’utilisation de l’enfance dans ses romans et explique pourquoi il a fini par s’autocensurer. Quelques pages plus tôt, ce même Bourdier, décidément passionné du maître (il a publié un livre sur Stephen King chez Encrage), revient sur l’autre passion de l’auteur, la musique, et le groupe qu’il a monté. Il met ainsi en perspective les liens qui existent entre le rock et son œuvre même si ceux-ci ne sont pas évidents au premier abord.

Un mini roman inédit !

Le véritable point fort du numéro reste les interviews. Daniel Conrad (le co-rédac’ chef) s’en est donné à cœur joie, rassemblant tout ce qui pouvait servir à son dossier. Interviews de l’éditeur de King, d’un libraire spécialisé, d’un collègue (Peter Straub, avec qui King a travaillé), de son prof de fac, d’un collectionneur de tout ce qui touche à l’auteur, de l’illustrateur de Creepshow, d’un journaliste spécialiste de son œuvre… bref tout le monde a la parole jusqu’à ses secrétaires dans un reportage dans les bureaux de l’auteur. Cela peut paraître too much par instant mais finalement, la diversité des points de vue amène un portrait complet de King même si bien sûr, ils sont tous d’accord pour dire à quel point le bonhomme est pétri de qualités… Le héros du jour a, de son côté, droit à non pas une, mais deux interviews.
Cerise sur le gâteau de ce dossier déjà bien rempli, les lecteurs pourront se régaler d’une nouvelle et d’un mini roman de King complètement inédit ! Voilà de quoi faire des heureux.
Bref, ce dossier est en tout point exceptionnel. Complet et sérieux, on peut se demander ce qu’il peut bien rester à dire désormais sur King.
Voilà qui méritait bien un coup de chapeau.

Jérôme VINCENT
Critique reprise du site ActuSF (2001)


 

 

Par Jérôme Vincent - Publié dans : La mythique revue Ténèbres
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Samedi 29 avril 2006

Stephen King's Kingdom Hospital
Vidéo envoyée par wizouille
Par Daniel Conrad - Publié dans : Le Livre des livres de Stephen King
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Jeudi 30 mars 2006

Contenu (extraits au format mp3) :

1. Aunt Bell 2. Cemetery Dance 3. The Night Evelyn Crawled From Her Grave 4. Graves Edge 5. Hellride 6. Julie's Box 7. Mandy 8. Mean Jack Dean 9. Voices In My Head 10. The Ballad Of Babs 11. Rigor Mortis 12. Reaper Rhyme 13. Brain Worms

Les amateurs de fantastique connaissent bien Glenn Chadbourne pour son travail de peintre et d’illustrateur du macabre (voir Ténèbres n°14). Il leur restait à découvrir le musicien. En effet, le cerveau derrière Nick Noxious, c’est lui ! Glenn compose les morceaux, écrit les paroles, dessine les pochettes et se produit sur scène avec les Necrophiliacs (Esa et J.P. Fisher, Tracy Kapocius et Dave Magnusen) depuis le début des années 80.
En 2004, les Necrophiliacs sortent Boneyard Lullabies. De "Hellride" à "Rigor Mortis", en passant par "Brain Worms", ce CD propose 13 moments de pur rock’n’roll et d’horreur qui revisitent les grands thèmes du genre avec humour (noir).


« L’union impie de Nick Cave et Rob Zombie, avec un soupçon psychotique en droite ligne des Cramps pour bien faire. » Cemetery Dance.
« Rock’n’roll, horreur et humour noir n’ont jamais fait aussi bon ménage. »
Christopher Golden.
Par DREAMPRESS - Publié dans : Nos CD audios
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Mercredi 1 mars 2006

Phénomène récent de ces derniers mois, plusieurs micro-éditeurs viennent d'apparaître sur le marché de la science-fiction. Comprenez des éditeurs qui ne tirent que quelques dizaines d'exemplaires de leurs livres que l'on trouve soit sur leur site Internet, soit dans des librairies spécialisées. Dreampress.com fait partie de cette nouvelle génération. Et comme les faibles tirages n'excluent pas d'avoir quelques têtes d'affiches au catalogue, c'est sans véritablement de surprise qu'on a vu arriver ce nouveau livre de Jean-Pierre Andrevon.

Court... très court

Le concept même de ce recueil de très, très courtes nouvelles est lui assez étonnant. L'auteur de Cap sur Gandahar, du Travail du Furet ou bien encore de Zombies, un horizon de cendres, s'est constitué un abécédaire de tous petits récits de quelques lignes en une seule phrase. Résultat une flopée de short short short story, entre réflexions, brèves qu'on dirait tirées d'un journal radio et situations absurdes, le tout marqué par un humour ravageur et précis.
Pour vous donner une idée, je ne résiste pas au plaisir d'une petite citation. À Miracle, on trouve : « Le soi-disant miracle par imposition des mains qui a valu sa canonisation à la très jeune sœur Thérèse semble se résumer, après une contre-enquête approfondie, à une brève et incomplète érection sur la personne d'un lépreux de 91 ans ». Voilà, il n'y a pas plus de texte. En une phrase tout est dit ! Et l'ensemble est du même calibre : court, féroce, absurde et irrévérencieux. Tout y passe : de la politique aux martiens, en faisant des détours par l'écologie, les grandes figures du fantastique ou même les androïdes.

Un livre à picorer.

À la lecture de ce livre et de ces petites phrases, dont certaines sont particulièrement savoureuses, on se prend souvent à sourire et à se faire la réflexion que les idées et les tournures sont assez bien trouvées. Andrevon s'est livré à une sorte de jeu littéraire avec l'humour et la réussite qu'on lui connaît. Son livre se déguste, s'ouvre souvent et se picore peu à peu. Évidemment, il faut que le concept vous intéresse. Et évidemment, il faut avoir envie de mettre 13 euros dans ce genre de livre. Néanmoins, il y a du plaisir à l'arrivée. Et une autre manière de lire de la S-F. À chacun de se faire son opinion.

Jérôme VINCENT
Critique reprise du site ActuSF (2004)


 

 

Par Jérôme Vincent - Publié dans : Le Fromage de nos voisins... - Jean-Pierre Andrevo
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Mardi 28 février 2006

Dans les traditions judéo-chrétiennes, la symbolique du serpent est franchement négative. Le serpent est présage de vie et de mort : de vie parce qu'il semble renaître - il change de peau régulièrement - ; de mort parce qu'il est presque chtonien, rampant sur le sol et se cachant la plupart du temps dans des anfractuosités. Il représente une menace, puisqu'il peut parfois tuer par sa morsure venimeuse. Charmeur de serpents, un étranger rencontré sur une foire, au nom de ténèbres, Raoul de Jais, vêtu de noir, aux yeux de braise, remplit ces deux fonctions. Il s'introduit dans la famille de Renaud, un pêcheur disparu en mer un jour de tempête. Il charme avec sa vielle la jeune veuve Annelore, faible et succombant trop facilement à la musique du séducteur. Il la ressuscite, lui fait reprendre goût à la vie. Mais elle est trop amoureuse pour voir le trouble qu'il introduit dans sa maison. Habilement, il exerce son oeuvre de mort sur les deux enfants, Prunelle et Vivien. Le charmeur les amène à se chamailler, puis à se haïr chaque jour davantage, sans possibilité de communication entre eux. Dans La Bible, le serpent est l'incarnation du Diable, et on peut voir dans le serpent du charmeur, Xernath, l'équivalent de ce reptile tentateur, devenu symbole de l'inconscient primordial, celui qui vit dans le monde archaïque du chaos et des ténèbres. Car pour les psychanalystes, le serpent est le vertébré qui incarne le psychisme obscur, inférieur, mystérieux, le moins contrôlé par le conscient. Le parcours humain historique a été de sortir des ténèbres en se séparant difficilement de ce chaos originel, pour entrevoir la lumière. Fidèle exécutant de son maître, le serpent, aux ancêtres duquel, selon le charmeur, on offrait des vierges en pâture, sera celui qui agit par procuration, utilisant la force sur la fille à défaut de pouvoir utiliser la tentation comme son maître l'a fait sur la mère.
L'habileté de Berthelot a été de suggérer le pire, sans jamais en parler. Dans la préface du roman, Georges Olivier Châteaureynaud qualifie l'auteur de « psycho-fictionnaire », et effectivement une bonne partie du récit se déroule dans l'imaginaire. Chaque nuit, Xernath, le serpent maléfique, s'insinue dans la chambre de Prunelle pour réaliser, de manière transposée mais non équivoque, le viol de Prunelle par son maître. Quand il l'emporte dans un monde de peur et de douleur, on peut d'abord imaginer qu'il s'agit de cauchemars ténébreux. Mais ce n'est pas le cas, et le viol n'est pas que psychique. Il laisse des traces physiques, que la fillette essaie de dissimuler. On sait que, riche en symboles, le serpent représente le phallus dressé. Le choix du serpent à collerette a dû être réfléchi par Berthelot et, décodé, devient transparent : le serpent à « collerette » porte en fait une vulve enfantine. Dans ces rapports mêlant l'Eros à Thanatos, le corps de la fillette apparaît comme un instrument contraint, asservi à la souffrance. Le récit doit donc être pris comme une métaphore sur les abus sexuels et les viols d'enfants. On y retrouve la culpabilité qui ronge la victime d'inceste ou d'actes pédophiles, l'impossibilité de communiquer, l'aveuglement de la mère trop amoureuse qui ne veut pas voir la réalité. Le remarquable talent de l'auteur lui a permis de traiter un sujet grave et courant, de manière tellement subtile qu'il a pu transposer plusieurs fois des scènes dont le caractère scandaleux passe inaperçu, tout en évoquant avec délicatesse ce sujet douloureux et en le transposant avec une pudeur absolue.
Mais le choix du serpent offre d'autres possibilités. Le symbole peut se déplacer du plan métaphysique, le mal, au plan psychologique, le parcours initiatique. Les mythes et légendes enseignent, que pour devenir un homme, le héros doit combattre et tuer le serpent mythique, le plus souvent un dragon. Pour les psychanalystes, tout développement psychique réussi suppose que certains obstacles aient été vaincus : le serpent mythique représente la mère archaïque du psychisme de l'enfant qui doit être surmonté pour parvenir au stade adulte. Pour le garçon, le serpent est lié à un élément féminin, la mère nutritive, stade dépassé, à surmonter. Il lui faut passer par l'épreuve que représente le meurtre du serpent, qui tue la « mauvaise » mère, la mère sombre, pour accéder à la vraie mère, la mère de lumière, et à comprendre la féminité. Lire le récit de Berthelot avec cette grille permet de suivre l'évolution du garçon, Vivien. Instable, insupportable, il a perdu le modèle du père et doit s'en donner un pour retrouver son équilibre. Pour sauver sa soeur et libérer sa mère, il affronte le serpent par le biais de la vielle, propriété phallique du charmeur puisqu'elle anime le serpent agresseur, et il se sert pour le faire d'un instrument lui aussi symbolique, une hache. L'utilisation de la hache représente, pour Vivien, la victoire sur sa peur de la castration, et aussi le moyen de son intégration comme de la libération de sa soeur et de sa mère. Le serpent à collerette est ainsi un conte métaphorique sur la perte surmontée du père, et la conquête de l'autonomie. On remarquera que le garçon est le membre de la famille qui s'en sort le mieux, le héros libérant la famille de son agresseur. Car la fille et la mère, si elles sont vengées, restent meurtries pour des raisons différentes.
Ce récit m'a fasciné. Par ce qu'il offre, une sorte de merveilleux noir, où le réalisme des faits s'estompe au profit d'un réalisme de l'imaginaire, où les faits sont transformés dans un ensemble sombre et magique. L'inconscient façonne son monde fantasmatique fascinant, au travers duquel les désirs, la culpabilité gardent cependant leur sens. Les viols, le combat se passent dans l'imaginaire. Berthelot met en oeuvre un « organique substitué », dans lequel, sans être désigné en tant que tel, le corps apparaît à travers des objets ou des êtres. Ils représentent le corps en partie ou en totalité, sortes d'objets métaphoriques le désignant par substitution. La psychanalyse, sous-jacente au récit, n'est jamais apparente, se trouve en filigrane dans la forme du conte qui manifeste constamment la plus grande retenue. L'auteur pratique le non-dit, pour des raisons non de pudeur, de tabou, mais d'efficacité, aucun discours ne pouvant tout dire d'une telle situation. Le rôle de l'ellipse est important, ce qui offre au lecteur un espace d'interprétation. La parole même s'efface quand la souffrance et la honte sont intolérables, ou quand le différend familial s'installe.
Ce premier ouvrage, publié chez la nouvelle maison d'édition Dreampress.com, est une réussite littéraire. Dans ce court roman, Francis Berthelot revient au genre fantastique après avoir passé quelques années à publier de la littérature blanche. Le lecteur se trouve en présence d'un conte qui fait penser à Grimm, écrit dans une langue sans apprêt, simple et poétique, mais efficace. Je ne saurais trop le recommander aux enseignants qui cherchent un texte leur permettant de mettre en valeur la portée des symboles dans l'imaginaire. Court, vivant, sans difficulté de lecture mais riche de contenu masqué, il présente toutes les qualités pour en faire un excellent support d'analyse et de réflexion.

Roland ERNOULD
Critique reprise du site rernould.club.fr (2004)


 

 

Par Roland Ernould - Publié dans : Le Serpent à collerette - Francis Berthelot
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Lundi 27 février 2006

TOUS LES NUMÉROS DE LA REVUE MYTHIQUE

TÉNÈBRES


Ténèbres n°1 (1998)
Avec des nouvelles inédites de Jean-Pierre Andrevon, Stephen Dedman, Jean-Claude Dunyach, Jay R. Bonansinga, Francis Valéry, Les Daniels et Alain Delbe. Interviews de Jean-Pierre Andrevon, Stephen Dedman, Dan Simmons et Jay R. Bonansinga. Articles de Guy Astic et Daniel Riche.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°2 : Poppy Z. Brite (1999)
Avec des nouvelles inédites de Noé Gaillard, Daniel Walther, Jean-Daniel Brèque, Poppy Z. Brite, Christa Faust, Jean-Jacques Nguyen, Rainer Erler, Pascal Françaix et Nancy Kilpatrick. Interviews de Christa Faust, Poppy Z. Brite, Pascal Françaix et Nancy Kilpatrick. Articles de Daniel Conrad et Guy Astic.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°3 : Kim Newman et les vampires, Terry Dowling et l’Australie (1998)
Avec des nouvelles inédites de John Brunner, Gilbert Gallerne, Terry Dowling, Francis Valéry, Kim Newman et Jean-Jacques Girardot. Interviews de Gilbert Gallerne, Terry Dowling et Kim Newman. Articles de Bill Congreve, Steven Paulsen et Kim Newman.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°4 : Jean-Daniel Brèque (1998)
Avec des nouvelles inédites de Anne Duguël, Alan Brennert, Jean Le Clerc de la Herverie, Paul J. McAuley, Michael Marshall Smith, Serge Delsemme, Marten Munsonius et Jean-Daniel Brèque. Interviews de Jean-Daniel Brèque, Anne Duguël et Michael Marshall Smith. Articles de Guy Astic, Poppy Z. Brite et Barbara Sadoul.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°5 : Clive Barker (1999)
Avec des nouvelles inédites de Jean-Claude Dunyach, Roberta Lannes, Francis Valéry, Séréna Gentilhomme, Claude Castan, Leanne Frahm et Clive Barker. Interviews de Clive Barker, Joe Daley, Roberta Lannes, Neil Gaiman et J. K. Potter. Articles de Guy Astic, Jean Marigny, Roger Bozzetto et Jean-Baptiste Thoret.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°6 : Ian Watson et Ramsey Campbell (1999)
Avec des nouvelles inédites de Sylvie Denis, Fabienne Leloup, Daniel Pearlman, Ramsey Campbell, Daniel Walther, Jean-Pierre Andrevon et Ian Watson. Interviews de Ramsey Campbell, Ian Watson, Daniel Walther et Jean-Pierre Andrevon. Articles de Guy Astic, Gilles Ménegaldo et Tyson Blue.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°7 : Graham Masterton et Michel Pagel (1999)
Avec des nouvelles inédites de Jean-Pierre Fontana, Jean-Claude Boudreault, Douglas Smith, Bill Congreve, Francis Valéry, B. Mosiman et L. Schimel, Graham Masterton et Michel Pagel. Interviews de Graham Masterton, Michel Pagel et Bill Congreve. Articles de Thomas Bauduret, André-François Ruaud, Jay Russell et Tyson Blue.Prix : 10 euros.

Ténèbres n°8 : Marie Darrieussecq (1999)
Avec des nouvelles inédites de Raymond Milési, Jean-Daniel Brèque, Neil Gaiman, Florence Bouhier, Bruce Holland Rogers, Patrick Eris, Sean Williams, Roberto de Sousa Causo, Francis Valéry et Marie Darrieussecq. Interviews de Marie Darrieussecq, John Saul et Poppy Z. Brite. Articles de Jérémi Sauvage, Roberto de Sousa Causo et Tyson Blue.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°9 : Matheson, père et fils (2000)
Avec des nouvelles inédites de Pascal Françaix, Jérémi Sauvage, Norman Partridge, Roberta Lannes, Sylvie Miller et Philippe Ward, Jean-Michel Calvez, Brian Hopkins, François Darnaudet, Anne Smulders, Richard Matheson, Richard Christian Matheson et Eric Verteuil. Interviews de Richard Matheson, Richard Christian Matheson, Alan Clark, Eric Verteuil et Philippe Ward. Articles d’Eric Verteuil, Jean-Marc Ligny et Tyson Blue.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°10 : Dean R. Koontz (2000)
Avec des nouvelles inédites de Jean-Jacques Girardot, Gary A. Braunbeck, Peter Crowther, Paul J. McAuley, Douglas Smith, Anne Duguël, Dean Koontz. Interview de Dean Koontz, Paul McAuley et Dominic Harman. Articles de Patrick Le Che, Dean Koontz, Peter Crowther, Tyson Blue et Jean-Daniel Brèque.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°11/12 : Spécial Stephen King (2000)
Une novella et deux nouvelles de Stephen King + deux interviews de Stephen King. Interviews de Peter Straub, Berni Wrightson, Stanley Wiater, Stewart O’Nan, Stuart Tinker... Nouvelles inédites de Sean Williams et Brian Hopkins. Des dizaines d’articles. TOUT TOUT sur Stephen King ! Ce numéro gigantesque et exceptionnel a obtenu le Prix Spécial du jury du Grand Prix de l’Imaginaire 2001.
Prix : 20 euros.

Ténèbres n°13 : Michael Moorcock et Joe Lansdale (2001)
Avec des nouvelles inédites de Andrea H. Japp, Poppy Z. Brite, Nancy A. Collins, Jean-Pierre Andrevon, Richard D. Nolane, Philippe Caza, Florence Bouhier, Michael Moorcock et Joe Lansdale. Interviews de Philippe Caza, Florence Bouhier, Michael Moorcock, Joe Lansdale et Richard D. Nolane.
Prix : 10 euros.

Ténèbres n°14 : Spécial Ghost Stories (2001)
Avec des nouvelles inédites de Claire et Robert Belmas, Jean-Claude Dunyach, R. G. Evans, Rick Hautala, Stephen Laws, Jean-Marc Ligny, L. Maynard et M. Sims et Daniel Walther. Interviews de Jean-Yves Kervévan, Rick Hautala et Stephen Laws. Articles de Brian Stableford, Ramsey Campbell et L. Maynard & M. Sims.
Prix : 10 euros.

Par DREAMPRESS - Publié dans : La mythique revue Ténèbres
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Mardi 21 février 2006

TOUS LES LIVRES DE

DREAMPRESS.COM



LE SERPENT À COLLERETTE, Francis Berthelot, Hors collection.


LE FROMAGE DE NOS VOISINS DE LA PLANÈTE XYLOON PUE TOUT PARTICULIÈREMENT, Jean-Pierre Andrevon, Collection 100tinelles Science-fiction.

11 MINUTES EN SEPTEMBRE, Brian A. Hopkins, Collection 100tinelles Fantastique.

DERRIÈRE LE MASQUE…, Ramsey Campbell, Collection 100tinelles Fantastique.

LA VOIX DE WORMWOOD, Ian Watson, Collection 100tinelles Science-Fiction.

ÉPITAPHES, présenté par Daniel Conrad, Collection Différentes Visions.

LE LIVRE DES LIVRES DE STEPHEN KING, réuni par Daniel Conrad et Benoît Domis, Grand Format.

Par DREAMPRESS - Publié dans : Divers
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Samedi 11 février 2006
Poppy Z. Brite et Daniel Conrad (Galaxiales 1998)
(c) Fabienne Rose
Par dreampress - Publié dans : LA VIE DE NOTRE EQUIPE
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Samedi 11 février 2006

Gurmance est une de ces petites villes situées au bout du monde, au bord de la mer, comme Berthelot nous en a déjà montrées, par exemple dans Le Jongleur interrompu. Lorsque le marin Renaud des Îles se perd en mer, il laisse derrière lui une veuve inconsolable, Annelore, et deux enfants : la sage et brune Prunelle, le turbulent et blond Vivien.
Trois ans plus tard, un joueur de vielle nommé Raoul de Jais arrive dans la petite ville et séduit la jolie veuve. Il est cependant accompagné d'un terrifiant serpent apprivoisé, nommé Xernath, qui rend bientôt visite à la jeune Prunelle chaque nuit. Sa collerette rouge et frémissante, il prend possession du lit et pèse de tout son poids sur le ventre de la petite fille. Effrayée, puis culpabilisée, celle-ci cache à sa mère ces entrevues nocturnes...
Sous le chatoiement d'un conte qui aurait pu s'adresser aux enfants se dissimule ainsi une évidente métaphore. Berthelot avait déjà abordé le thème du divorce sous la forme d'un conte pour la jeunesse — La Maison brisée — , il affronte cette fois celui de la pédophilie et de l'enfance violée. Sous d'autres plumes, un tel sujet pourrait devenir scabreux ou larmoyant. Mais la grâce et la luminosité de l'écriture de Berthelot, la tonalité magique et fabuleuse de sa narration, confèrent au récit un charme qui ajoute à l'ambiguïté du propos... Sa démarche est aux antipodes de celle d'un Claude Ecken qui, dans Enfer clos, décrit l'horreur avec le plus grand réalisme possible, la plus grande crudité, au point de mettre le lecteur mal à l'aise. Berthelot choisit au contraire de séduire son lecteur, d'habiller l'horreur de malice et d'irréalité, pour laisser son propos imprégner l'esprit et suivre insidieusement son chemin.
Berthelot est un « psycho-fictionnaire » comme le surnomme Châteaureynaud, ou un « transfictionnaire » comme il pourrait se définir lui-même, lui qui cherche à promouvoir l'idée d'une « fiction transgressive ». Même sous couvert de mondes imaginaires, ses univers ne parlent que de l'âme humaine et de ses tourments, avec une remarquable cohérence. Ses récits font toujours preuve d'une envoûtante harmonie, et Le Serpent à collerette ne fait pas exception.
Soulignons que cette « novella » de moins de soixante-dix pages — augmentée d'une intéressante préface de Georges-Olivier Châteaureynaud, survol rapide de l'évolution de la littérature dans la seconde moitié du vingtième siècle et de la place qui occupe Berthelot — est le premier livre des éditons Dreampress.com. Celles-ci ont fait le pari de vendre leurs publications essentiellement sur Internet, en ciblant plutôt un public d'amateurs éclairés et de collectionneurs : le présent ouvrage n'est tiré qu'à 500 exemplaires numérotés, dont 425 constituent l'édition « classic » et 75 l'édition « premium » — l'ouvrage est alors signé par l'auteur et contient un livret avec une nouvelle supplémentaire. Cet objectif de vente paraît raisonnable, car vu la taille de l'ouvrage, le prix de 15 euros dissuadera sans doute l'acheteur qui n'est ni particulièrement passionné par l'univers romanesque de Berthelot, ni collectionneur.
Profitons-en pour souhaiter bonne chance à ce nouvel éditeur.

Pascal PATOZ
Critique reprise du site NoosFere (2003)


 

 

Par Pascal Patoz - Publié dans : Le Serpent à collerette - Francis Berthelot
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